Un mois de camping en Nouvelle-Zélande

Notre dernière grosse étape est un road-trip de 5 semaines à travers la Nouvelle-Zélande : environ 3 semaines pour l’île du sud et dix jours pour l’île du nord. C’est bien peu pour faire un tour complet du pays, mais déjà très honorable pour en prendre plein les mirettes… ce qui est arrivé quasiment tous les jours.

Cet article est à la fois un compte rendu de comment on a voyagé, agrémenté d’anecdotes sur le pays, mélangé à quelques astuces pratiques si vous lisez entre les lignes. Enfin, si vous avez envie de faire un voyage similaire ! Une fois l’article terminé, vous n’aurez peut-être plus envie de faire du camping en Nouvelle-Zélande !

Le camp est monté

Notre destrier

Qui dit road-trip dit véhicule, et pour pouvoir nous déplacer à volonté, nous nous sommes donc tourné vers les loueurs de voiture.

Logiquement, ces-même loueurs nous ont proposé une voiture. Quels idiots ! Ils n’avaient pas compris qu’ils étaient en train de nous donner les clés d’une petite maison. En effet, le véhicule nous a servi a nous déplacer, mais il a aussi par occasion fait office de cuisine, de salle à manger, de salon, de chambre à coucher, de salle de bain et de buanderie. Pas mal !

Philae et Laetitia

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(le bus ne passe pas ici)

C’est pas une voiture aux performances folles, mais admirez sa versatilité. Nous avons pu faire la cuisine dedans (lire : on a tartiné des sandwich), on a mangé dedans (nous n’avions de chaise que les fauteuils dans l’habitacle). Quand il faisait trop froid (hum, le sud !) où qu’il pleuvait vraiment trop (hum, la côte Ouest !) on a dormi dedans. Plusieurs fois. Non, ce n’est ni agréable, ni confortable. Et puis il fallait bien sécher la vaisselle et la lessive, ce qu’on a fait dans d’acrobatiques montages. Pour finir la salle de bain, hé bien les indispensables lingettes humides ont été une aide précieuse quand les camping ne proposaient pas de douches (environ 90% d’entre eux).

Un mois de camping

La Nouvelle-Zélande est très bien fichue pour faire du camping partout à travers le pays. On s’est acheté le matériel nécessaire (tente, duvets, etc), et on est parti sur les routes, et le soir, on se trouvait un camping, on montait la tente et on repartait le lendemain. La belle vie !

Les néo-zélandais aiment le camping ?

Pas mal oui, c’est carrément une institution, ils sont super bien équipés et font de gros voyages en famille ou en groupes d’amis. La plupart des voyageurs étrangers ont des voitures ou des vans, mais il n’est pas rare de voir les kiwis (les habitants de Nouvelle-Zélande… pas l’oiseau) se balader en 4×4, en camping ou en bus aménagé. Le champion toute catégorie qu’on a croisé se déplacait dans un bus reconditionné qui tracte un immense trailer, accompagné d’un 4×4 et d’un buggy. Genre les types se déplacent sur de longues distances en bus et font les balades sur la journée en 4×4.

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Bus privé + trailer + deux 4x4 pour un petit weekend camping improvisé, très simple

Quand ils montent une tente, ils sont super bien équipés. Ils n’ont pas le minable machin entrée de gamme qu’on trouve dans le premier magasin venu. Non, ils ont plusieurs tentes épaisse avec des couloirs, plusieurs sardines par point et des sardines de secours, des bâches, des tentes supplémentaires pour prendre l’apéro dehors, des tables et des chaises, des barbecue d’un mètre de large, des étagères de camping pour pas laisser leur matériel de cuisine trainer par terre, des décilitres d’eau en rab’… C’est très très impressionnant.

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Pour bien comprendre la différence de style, on va faire une comparaison très simple, vous allez tout de suite comprendre. Eux :

A coté, on a des experts

Nous :

On améliore les techniques de camping

Partout dans le pays il y a des camping, et dans tous les style. Du simple carré d’herbe à celui qui propose des douches chaudes, une salle cuisine, de l’électricité… le spectre est large.

Dodo tous les soirs dans la tente donc ?

Alors en fait, pas tout à fait 🙂 En Janvier, c’est l’été, et pourtant dans certaines régions il tombe des cordes et il fait un vent délirant. Dans le sud de l’île du Sud, quand ce n’est pas la pluie torrentielle qui nous a obligé à dormir dans la voiture, c’est le vent qui nous a contraint à battre en retraite. Pareil, sur la côte Ouest de l’île du sud il tombe des quantité délirantes de pluie (10 fois plus qu’à Londres !) et ca n’a pas toujours été possible de dormir de monter une tente.

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D’autres fois encore, c’est les camping qui n’autorisent pas les tentes, où alors il n’y a pas assez de places… au début on était assez mal informés. Au total, on a du dormir un tiers du temps dans la voiture.

Notre futur colloc va se marrer à l'arrière !

On a mangé quoi ?

Comme tous les campeurs, en camping, on a seulement un réchaud pour cuisiner. Avec ça, faut pas s’attendre à des miracles.

Pates, haricots… on achète les légumes pour le jour même, vu qu’il est impossible de les conserver sans frigo ou glacière.

Fini aussi les tartines chaudes le matin, la viande le midi, etc… Comme chauffer quoi que ce soit est assez long, on a souvent fait sandwich le midi et « cuisine » le soir.

Astuce pour le petit déj : penser au lait en poudre, plus facile à conserver et transporter que le lait en briques. Attention, ça nécessite de l’eau potable, qu’il faut savoir gérer !

Ca avait beau être sommaire, mine de rien avoir une grosse plaque de cuisson c’est bien mieux qu’avoir un simple bec de gaz qui se branche sur une bouteille. A partir du moment où on a protégé notre gazinière du vent avec une muraille de carton (on en trouve dans n’importe quel super marché), on est encore plus passé pour des ploucs mais on a puis faire notre cuisine rapidement et en toutes circonstances.

Chez nous !

 

Comment on se douche en camping ?

Les camping bon marchés proposent rarement des douches. Donc on ne peut pas se doucher, donc on ne se douche pas souvent. On pue un peu mais on s’y fait. Une fois de temps en temps, on s’est offert un camping plus qualitatif, une sortie à la piscine ou un plouf dans le lac. Un grand merci aux lingettes jetables qui ont permis de franchir certaines journées.

L’eau ?

Un truc auquel on avait pas pensé, c’est l’importance de l’eau et la nécessité de la gérer quand on y a pas accès en continu. En Europe, on nous rabache à tout bout de champ la rareté de l’eau, mais ça n’a aucun sens pour quelqu’un qui trouve de l’eau dès qui tourne le robinet.

En camping, l’eau, avec l’énergie, c’est un peu le nerf de la guerre. On a appris à y faire attention, car on en consomme pas mal et que c’est pas toujours simple de s’en procurer. Faisons le compte :

  • on boit 1.5l d’eau par jour et par personne
  • il faut compter 1L-1.5L d’eau pour faire cuire 250g de pates
  • environ 2 L d’eau pour faire la vaisselle, et autant pour la rincer.

Je vous parle même pas de la lessive (qu’on fait à la main, évidemment, j’y reviendrais) ni de douche et à deux, en une journée on a déjà consommé 8L d’eau sans faire de folies. C’est un minimum : ca augmente par exemple si on fait de la randonnée, ou s’il y a beaucoup de vaisselle à faire. Il est donc nécessaire d’avoir des bidons d’eau et de trouver des points de ravitaillement. Tous les campings ne proposent pas de l’eau potable, l’astuce c’est d’aller dans les stations de vidange (dump station) pour refaire le plein gratuitement.

Pour certains trucs (boire, cuisiner), il faut de l’eau potable, mais parfois de l’eau propre mais non potable suffit (vaisselle, lessive). On peut acheter toute l’eau qu’on consomme, mais ce n’est pas toujours simple quand on est pour 3 jours au fin fond de nulle part, et ça revient vite assez cher (compter 1$ le litre) vu qu’on en consomme beaucoup. La solution, c’est d’utiliser l’eau non potable des camping (généralement disponible en grande quantités) qu’on peut utiliser telle quelle. Comme il est compliqué de faire chauffer de l’eau, inutile de penser faire bouillir son eau sur un réchaud de camping, le plus simple c’est d’aller refaire le plein dans les stations de vidange, où l’eau potable est généralement gratuite.

Station de vidange

La lessive consomme des quantités immenses d’eau. Un jour, on s’est retrouvé en rade de linge propre. Le mauvais temps nous empêchait, pendant les jours précédents, de faire du linge et surtout de le laisser sécher. Un jour où on avait pas d’eau au camping on a du faire une petite lessive, et avec 4 litres d’eau (ce qui est immense quand la seule source d’eau c’est les 10 litres qui se trouvent dans des bidons dans le coffre), on a pu seulement laver et rincer 2 chemises et 4 sous-vêtements. La solution là aussi c’est de faire sa lessive quand on a accès à des points d’eau.

Que voir

Il y a tellement à voir dans les deux îles… Au départ, on pensait se renseigner en allant de site d’information en site d’information. Le pays est super bien fichu et il y a des « i-site » dans la plupart des villes.
Ce n’est pas ce qu’on a fait et on ne le regrette pas : les i-site cherchent parfois à vendre des prestations, des cartes, etc. Ils proposent plein de randonnées ou de choses à voir mais comment choisir celles qui sont chouettes autrement qu’au hasard ou en faisant confiance au vendeur ?

On a trouvé par hasard la solution. Si vous allez en NZ, oubliez tout ce que vous croyez savoir sur le pays et foncez tête baissée vers les Guides NZFrenzy, un pour l’île du nord et un pour l’île du Sud. Scott, l’auteur du bouquin, s’est avéré être un super conseiller. Américain tombé amoureux du pays, il a passé environ 800 jours en Nouvelle-Zélande et a compilé dans deux livres sa sélection d’endroits préférés. C’est idéal pour des gens en road trip, car les lieux sont rangés par région et les détails pratiques (coordonnées GPS, moyen d’accès). Grâce à lui on a vu énormément de trucs incroyable, le plus souvent avec peu de monde (pourtant pas gagné en haute saison), pour presque rien. Le livre a 600 commentaires sur Amazon, tous 5 étoiles, tous plein d’éloges et bourrés de superlatifs. Ca nous a surpris au départ, mais maintenant on sait pourquoi. Vous pouvez foncer tête baissé.

Comment on trouve les camping ?

La première question qu’on s’est posé, c’est comment on allait dormir. Les camping ne sont pas toujours sur les axes principaux, et il ne sont pas toujours super bien indiqués. On trouve bien une carte des amping de la région dans les i-site, mais ils indiquent seulement la localisation, et il manque plein de détails importants pour faire son choix (qualité du lieu, volume fréquentation, prix, facilités). Qui plus est quand on change de région, on a pas toujours accès à un i-site où trouver une nouvelle carte des camping.

L’appli Campermate est devenu le compagnon de pas mal de monde pour trouver des spots de camping. C’est grosso modo un carte google maps avec plein d’endroits sauvegardés. On y trouve des camping mais aussi des points d’intérêt touristique, des douches, des hot-spot wifi, etc.
Plusieurs choses à savoir. Il y a 3 types de campeurs : ceux en camping car ou vans autonome (c’est le terme légal utilisé pour décrire le fait qu’il y ait !!des toilettes à l’intérieur), ceux en van non autonomes, et ceux en tente. L’appli campermate permet de lister les deux premiers mais pas forcément les troisième. Plusieurs fois on s’est retrouvé sur des camping où il était interdit de planter une tente.
Ensuite, les camping gratuits ont parfois peu de places et sont généralement trè peuplés, même tôt. On trouve des camping payants de très bonne qualité, entretenus par le DoC (département de conservation) à des coûts modérés (6$/personne). Par contre ya rarement des douches et pas toujours (pas souvent ?) l’eau courante. Il faut donc prévoir d’en avoir quelques litres pour la cuisine, la vaisselle, etc.

On a pas trop joué à faire du camping sauvage, les voitures du DoC rôdent et l’amende de 200$ est disuasive.

S’orienter

On trouve des cartes générales dans tous les i-site, les sites d’informations du DoC. Des fois les coins sont un peu difficiles d’accès et que ce soit pour les camping proposés par campermate ou les lieux suggérés dans les guides NZFrenzy, pouvoir s’orienter avec des coordonnées GPS est vraiment très pratique. Ca n’a pas le charme de se déplacer uniquement à la carte, et impossible de vraiment se paumer, mais bon… notre temps ici est limité et comme il sera difficile de revenir, on a préféré profiter du pays plutôt que du charme de la route.
Nous n’en avions pas (on en a acheté un pourri à des francais qu’on leur ramené le lendemain), alors nous avons utilisé l’option de l’appli smartphone. C’est là où l’application Maps.me entre en jeu.
Maps.me permet de télécharger les cartes openstreet map d’un pays pour s’en servir hors ligne. Google maps fait la même chose mais a besoin d’une connexion ou de beaucoup de cache, ce qui est compliqué en itinérance (sauf si vous achetez une carte SIM et un forfait avec pas mal de data). Maps.me est particulièrement pratique quand on a pas accès à Internet, typiquement la majeure partie du temps dans un road trip ! Prévoir le téléchargement de la carte quand on a une bonne connection internet (dans une auberge ou avant), la carte de la nouvelle-zélande fait 170Mo aujourd’hui.

La partie navigation de l’appli ne vaut pas un clou par contre, on est a des années lumières de ce que propose un vrai GPS ou google maps. Le planificateur de trajet fait des choix très étrange (comme tourner 6 fois là où un humain prendrait un trajet direct), ou alors il indique de tourner quand il est question de suivre une route en virage. On s’est déplacé de villes en ville en suivant les panneaux et les grands axes avec une carte papier, puis on a complété en utilisant le GPS pour atteindre les endroits paumés (ca ne manque vraiment pas).

Et la relocation ?

Plutôt que de louer une voture où un van, on a découvert le principe de la relocation. C’est un mot anglais (de « relocate », transférer) : certains voyageurs louent leur voiture à un endroit et la déposent à un autre endroit, et il est nécessaire de la ramener. Plutôt que de payer un employé à faire la route, certaines compagnies proposent aux voyageurs de faire le trajet, le plus souvent gratuitement ou à moindre frais, parfois avec un plein d’essence et le billet de ferry inclus. On peut faire de fortes économies mais c’est pour ceux qui sont vraiment super flexibles et qui ont du bol, car il y a assez peu d’offre en comparaison de la demande. On peut trouver certaines de ces offres sur TransferCar.

Rouler à gauche ?

En Nouvelle-Zélande, héritage du passé britannique, on roule à gauche. Ce n’est pas aussi compliqué que ça en a l’air, mais le premier jour, on a l’impression qu’on va décéder à chaque croisement. C’est évident, il y a quelque chose qui ne va pas, oh mon dieu, que fait cette voiture à l’envers, elle va me foncer dedans !.. Puis on se rappelle qu’en fait non, c’est bon. Et à chaque fois qu’on doit tourner, le cerveau fait des noeuds pour arriver à savoir dans quelle voie il faut s’insérer. Assez rapidement (2 longues et stressantes journées maximum), on arrive à s’habituer.

La vraie difficulté, c’est le positionnement dans la voie. Quand on roule à droite en France, on à l’habitude de se voir, en tant que chauffeur, à gauche de la voie, le long de la bande de gauche. Inconsciemment, et il est particulièrement difficile de se défaire de l’habitude, et dès qu’on ne faisait pas gaffe on a reproduit le même comportement en Nouvelle-Zélande. Si on ne reste pas concentré, on se retrouve assez vite pas loin du fossé….

Passer d’île en île – le ferry

Pour passer entre les deux îles principales avec un véhicule, il existe un système de ferry. On ne s’était pas vraiment intéressé au sujet, et on s’imaginait un coût mineur. Pour une voiture et deux personnes, l’aller simple coûte environ 250$. Pour les kiwis (c’est le nom que se sont donné les néo-zélandais en référence à l’oiseau sans aile icone du pays) comme pour les voyageurs, on ne fait pas la traversée tous les jours et on réfléchit bien à son itinéraire avant de changer d’île.
Mais le vrai problème, c’est qu’il faut réserver au moins 3 semaines à l’avance… c’est pas une vraie contrainte une fois qu’on le sait, mais en Asie où on vient de passer 6 mois, tu montes dans un bateau en t’y pointant le jour même, ca nous a bien changé.

Voila voila, c’est grosso modo comme ça qu’on a voyagé pendant un mois… les prochains articles parleront de ce qu’on a vu.

One thought on “Un mois de camping en Nouvelle-Zélande

  1. Quel périple ! Merci d’avoir partagé votre expérience en NZ notamment ! Elle va nous être bien utile ! Hâte d’y être ! Vous photos me donnent bien envie ! Profitez bien du reste de votre tour du monde !

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